Radon en Belgique : risques, test et solutions pour votre maison (2026)
Le radon est un gaz radioactif d’origine naturelle qui s’infiltre depuis le sol dans les habitations. Invisible, incolore et inodore, il ne se remarque pas, mais il peut s’accumuler dans une cave, un rez-de-chaussée ou une pièce mal ventilée. En Belgique, le radon concerne surtout le sud du pays (Ardenne, province de Luxembourg, une partie des provinces de Liège, de Namur et du Brabant wallon), mais aucune maison n’est totalement à l’abri. Selon l’Organisation mondiale de la santé, il s’agit de la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac.
L’année 2026 est un moment idéal pour s’en préoccuper. L’Agence fédérale de Contrôle nucléaire (AFCN) a lancé son nouveau Plan national d’action radon 2026-2030 et la campagne Action Radon 2026 permet, jusqu’au 31 décembre 2026, de commander un détecteur à 20 euros, analyse comprise. Dans ce guide, nous faisons le point sur les risques, les zones concernées, la manière de mesurer le radon chez vous et les travaux qui permettent de réduire efficacement sa concentration.
Qu’est-ce que le radon et d’où vient-il ?
Le radon est un gaz noble radioactif issu de la désintégration de l’uranium, présent en quantité variable dans toutes les roches et tous les sols. Les sous-sols schisteux et granitiques, fréquents dans le sud de la Belgique, en libèrent davantage que les sols sableux ou argileux du nord.
À l’air libre, le radon se dilue immédiatement et ne présente aucun danger. Le problème naît lorsqu’il pénètre dans un bâtiment et s’y concentre. La maison fonctionne alors comme une cheminée : l’air chaud intérieur monte et s’échappe par le haut, ce qui crée une légère dépression au niveau du sol. Cette dépression aspire l’air du sous-sol, chargé en radon, à travers :
- les fissures de la dalle et des murs enterrés ;
- les joints entre le sol et les murs ;
- les passages de canalisations (eau, égout, gaz, électricité) ;
- les caves en terre battue ou les vides ventilés mal isolés du logement ;
- les regards, puisards et siphons secs.
C’est pourquoi la concentration est généralement plus élevée en hiver, lorsque l’on chauffe et que l’on ventile moins, et plus forte au sous-sol et au rez-de-chaussée qu’aux étages.
Pourquoi le radon est-il dangereux pour la santé ?
En se désintégrant, le radon produit des particules radioactives qui se fixent dans les poumons quand on respire. Une exposition prolongée pendant des années augmente le risque de développer un cancer du poumon. Le danger n’est pas immédiat : il n’y a ni symptôme, ni odeur, ni irritation. Le risque dépend de la concentration et de la durée d’exposition, c’est-à-dire du nombre d’années passées dans un logement trop chargé.
Le risque est nettement plus élevé chez les fumeurs, car tabac et radon se renforcent mutuellement. En Belgique, les autorités sanitaires estiment qu’une part significative des cancers du poumon, de l’ordre de quelques centaines de cas par an, est imputable au radon. C’est précisément parce que le problème est silencieux qu’une mesure est la seule façon de savoir si votre maison est concernée.
Le niveau de référence : 300 Bq/m³
La concentration de radon s’exprime en becquerels par mètre cube (Bq/m³). En Belgique, le niveau de référence pour les habitations et les lieux de travail est fixé à 300 Bq/m³, conformément à la directive européenne Euratom 2013/59. La moyenne belge se situe bien en dessous, autour de 50 Bq/m³, mais certaines maisons du sud du pays dépassent largement les 1 000 Bq/m³.
Concrètement, voici comment interpréter un résultat :
- moins de 100 Bq/m³ : situation favorable, aucune action particulière n’est nécessaire ;
- de 100 à 300 Bq/m³ : des mesures simples (aération, colmatage des fissures) sont recommandées, surtout si vous passez beaucoup de temps au rez-de-chaussée ;
- de 300 à 600 Bq/m³ : le niveau de référence est dépassé, des travaux de remédiation sont conseillés ;
- plus de 600 Bq/m³ : la remédiation devient prioritaire et un accompagnement personnalisé est vivement recommandé.
Les zones à risque radon en Belgique
L’AFCN publie une carte interactive qui classe les communes selon la proportion de logements dont la mesure dépasse 300 Bq/m³. Les communes les plus exposées se situent principalement en Wallonie :
- la province de Luxembourg, qui compte de nombreuses communes en classe élevée ;
- l’est et le sud de la province de Liège (Ardenne, Hautes Fagnes, région de Verviers) ;
- le sud de la province de Namur (régions de Dinant, Philippeville, Couvin) ;
- certaines communes du Brabant wallon, comme Court-Saint-Étienne, Genappe, Mont-Saint-Guibert ou Villers-la-Ville, classées en niveau 2 (plus de 5 % des logements mesurés au-dessus du seuil).
La Région de Bruxelles-Capitale et la Flandre sont globalement peu touchées, même si des valeurs élevées ponctuelles restent possibles, par exemple dans une maison ancienne avec une cave en terre battue. Attention : le classement d’une commune donne une probabilité, pas une certitude. Deux maisons voisines peuvent présenter des résultats très différents selon leur construction. Seule une mesure dans votre propre logement est fiable.
Comment faire un test radon chez soi ?
La méthode recommandée est la mesure de longue durée à l’aide d’un détecteur passif, un petit boîtier qui ne nécessite ni électricité ni manipulation. La procédure est simple :
- commandez un détecteur sur le site actionradon.be pendant la campagne ;
- placez-le au rez-de-chaussée, dans la pièce la plus occupée (séjour ou chambre), à environ un mètre du sol, loin des fenêtres, des radiateurs et des murs extérieurs ;
- laissez-le en place pendant trois mois, entre octobre et avril, c’est-à-dire pendant la saison de chauffe où les concentrations sont les plus représentatives ;
- renvoyez-le ensuite au laboratoire pour analyse.
Vous recevez le résultat avec une interprétation et des conseils adaptés. Si vous avez un sous-sol habité (bureau, chambre, salle de jeux), un second détecteur peut être utile à ce niveau. Les détecteurs électroniques vendus dans le commerce donnent une indication en continu, intéressante pour vérifier l’effet d’un travail, mais une mesure ponctuelle de quelques jours ne suffit pas pour conclure, car le radon varie fortement d’un jour à l’autre.
L’Action Radon 2026 : un détecteur à 20 euros
Chaque année, l’AFCN organise avec les services provinciaux d’analyse des milieux intérieurs (SAMI) et Bruxelles Environnement une campagne de mesure à prix réduit. L’édition 2026 se déroule du 1er octobre au 31 décembre 2026. Le détecteur coûte 20 euros, un prix qui comprend l’analyse en laboratoire et, si nécessaire, une aide à la remédiation.
Si la concentration est légèrement élevée, vous recevez une brochure reprenant des mesures simples à réaliser vous-même. Si elle est fortement élevée, l’AFCN ou l’un de ses partenaires peut se rendre sur place pour vous conseiller de manière personnalisée. En 2025, plus de 4 000 ménages ont participé à l’opération. Si vous habitez une commune à risque et n’avez jamais mesuré, c’est le moment de le faire, d’autant que la mesure doit justement se faire pendant les mois d’hiver.
Les solutions simples pour réduire le radon
Quand le résultat se situe un peu au-dessus de 100 ou 300 Bq/m³, quelques gestes peu coûteux suffisent souvent à faire baisser la concentration :
- aérer régulièrement, en ouvrant les fenêtres quelques minutes plusieurs fois par jour ;
- ne jamais boucher les grilles d’aération existantes et ventiler la cave vers l’extérieur ;
- colmater les fissures de la dalle et des murs enterrés avec un mastic adapté ;
- rendre étanches les passages de tuyaux et de câbles qui traversent le sol ;
- fermer la porte entre la cave et les pièces de vie, idéalement avec un joint ;
- remplir d’eau les siphons de sol et les regards qui ne servent pas.
Ces mesures sont à la portée de tout propriétaire ou locataire. Il est conseillé de refaire une mesure ensuite pour vérifier leur efficacité.
Les travaux de remédiation en cas de concentration élevée
Au-delà de 300 Bq/m³, et à plus forte raison au-delà de 600 Bq/m³, des travaux plus techniques sont généralement nécessaires. Les principales techniques sont les suivantes.
La dépressurisation du sol
C’est la technique la plus efficace. Un petit ventilateur crée une dépression sous la dalle ou dans le vide ventilé, au moyen d’un puisard ou de tuyaux perforés, et rejette l’air chargé en radon à l’extérieur, au-dessus du toit ou loin des ouvertures. Bien installée, elle permet de réduire la concentration de plus de 80 % dans de nombreux cas.
La ventilation mécanique
Une ventilation mécanique fonctionnant en permanence, par insufflation ou en double flux équilibré, renouvelle l’air intérieur et limite la dépression qui aspire le radon. Attention : une extraction seule (simple flux par extraction) peut accentuer la dépression et donc l’aspiration du radon. Le choix du système doit tenir compte de ce risque.
L’étanchéité entre le sol et le logement
Lorsque la maison possède une cave en terre battue ou un vide sanitaire, il est possible de poser une membrane étanche au radon, de couler une nouvelle dalle ou de ventiler naturellement le vide sanitaire vers l’extérieur. Ces travaux se combinent souvent avec un traitement de l’humidité. Si vos murs sont également humides, notre guide sur l’humidité ascensionnelle vous aidera à coordonner les interventions.
Le coût varie fortement selon la maison : de quelques dizaines d’euros pour du colmatage à quelques centaines d’euros pour un système de dépressurisation installé soi-même, jusqu’à 1 500 à 3 000 euros, voire davantage, pour une installation complète réalisée par un entrepreneur. Demandez toujours plusieurs devis et faites une nouvelle mesure après les travaux.
Radon et rénovation énergétique : attention à l’étanchéité
La rénovation énergétique, encouragée en 2026 par les obligations de rénovation et les primes régionales, a un effet secondaire parfois méconnu : une maison plus étanche à l’air renouvelle moins son air intérieur. Si rien n’est prévu, le radon peut s’y accumuler davantage qu’avant les travaux.
Lors du remplacement des châssis, de l’isolation des sols ou de l’installation d’une pompe à chaleur, pensez donc à prévoir une ventilation adaptée et, dans une commune à risque, à mesurer le radon avant et après le chantier. Un audit énergétique est le bon moment pour en parler avec l’auditeur. Les travaux d’isolation du sol constituent aussi une excellente occasion de poser une membrane anti-radon à moindre coût.
Construire une maison neuve dans une zone à risque radon
Pour une construction neuve, la prévention coûte beaucoup moins cher que la correction. Dans une commune à risque, l’AFCN recommande d’intégrer dès la conception :
- une membrane étanche au radon sous la dalle, soigneusement raccordée aux murs et aux passages de canalisations ;
- une couche drainante sous la dalle avec des tuyaux en attente, qui permettront d’installer facilement une dépressurisation si la mesure révèle ensuite un problème ;
- une ventilation conforme et bien dimensionnée ;
- l’étanchéité soignée de tous les passages entre le sol et le volume habité.
Le surcoût reste limité à l’échelle d’un projet de construction. Parlez-en à votre architecte et à votre entrepreneur avant le début du chantier.
Radon, achat immobilier et location : quelles obligations ?
À l’heure actuelle, il n’existe en Belgique aucune obligation de mesurer le radon lors de la vente ou de la mise en location d’une maison. Le résultat d’une mesure ne figure ni dans le certificat PEB, ni dans les documents obligatoires du compromis de vente. Les obligations légales visent surtout les lieux de travail : dans les communes classées à risque, les employeurs doivent faire mesurer le radon dans les locaux occupés au sous-sol et au rez-de-chaussée.
Pour un acheteur, il est cependant prudent de poser la question au vendeur lorsqu’on achète dans une commune à risque. Un résultat de mesure récent est un atout dans un dossier de vente, et un problème détecté peut, selon les circonstances, être pris en compte dans la négociation du prix. Pour un propriétaire bailleur, mesurer et corriger une concentration élevée contribue à offrir un logement sain à ses locataires. Le locataire peut lui aussi commander un détecteur et en discuter avec son propriétaire si le résultat est élevé.
FAQ sur le radon en Belgique
Le radon a-t-il une odeur ou des symptômes ?
Non. Le radon est invisible, incolore et inodore, et il ne provoque aucun symptôme immédiat. Son effet sur la santé n’apparaît qu’après de longues années d’exposition. Seule une mesure permet de savoir si votre logement est concerné.
Combien coûte un test radon en 2026 ?
Pendant l’Action Radon 2026, le détecteur coûte 20 euros, analyse en laboratoire comprise. La campagne court jusqu’au 31 décembre 2026, via le site actionradon.be.
Combien de temps faut-il mesurer ?
La mesure recommandée dure trois mois, pendant la saison de chauffe, entre octobre et avril. Une mesure de quelques jours ne suffit pas, car la concentration varie fortement selon la météo et l’occupation.
Quel est le seuil à ne pas dépasser ?
Le niveau de référence belge est de 300 Bq/m³, pour les habitations comme pour les lieux de travail. Au-delà, des travaux de remédiation sont conseillés, et ils deviennent prioritaires au-delà de 600 Bq/m³.
Bruxelles est-elle concernée par le radon ?
La Région bruxelloise est plutôt épargnée grâce à la nature de son sous-sol. Des valeurs élevées restent toutefois possibles dans certaines maisons, notamment anciennes ou avec une cave en terre battue. Bruxelles Environnement participe d’ailleurs à la campagne de mesure.
Le radon peut-il entrer par l’eau du robinet ?
L’eau de distribution publique contient très peu de radon. Le risque provient essentiellement de l’air du sol qui pénètre dans le bâtiment. Dans de rares cas, une eau de puits ou de source privée peut contenir davantage de radon.
Un vendeur doit-il fournir une mesure radon ?
Non, aucune obligation légale n’impose une mesure radon lors d’une vente en Belgique. L’acheteur peut toutefois poser la question, surtout dans une commune à risque, et un résultat récent est un argument rassurant.
Les travaux anti-radon sont-ils efficaces ?
Oui. Des gestes simples comme l’aération et le colmatage suffisent souvent pour les concentrations modérées. Pour les valeurs élevées, la dépressurisation du sol permet généralement de réduire la concentration de plus de 80 %. Une nouvelle mesure après les travaux permet de vérifier le résultat.






Post Comment