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Vues et jours en Belgique : distances et règles 2026

Vues et jours en Belgique - fenetres et distance voisin / lichten en zichten Belgie
⏱ 6 min de lecture📅 Publié juillet 29, 2026

Les vues et jours désignent les fenêtres, balcons, terrasses et autres ouvertures qui donnent sur la propriété voisine. En Belgique, ces ouvertures obéissent à des règles de distance strictes, destinées à préserver l’intimité de chacun. Depuis l’entrée en vigueur du Livre 3 du Code civil le 1er septembre 2021, ces règles ont été profondément simplifiées. En 2026, tout propriétaire qui veut percer une fenêtre, aménager une terrasse ou construire près de la limite doit connaître le nouveau régime des vues et jours.

Faut-il respecter 1,90 mètre de distance ? La distinction entre jours et vues existe-t-elle encore ? Que faire si votre voisin ouvre une fenêtre qui plonge chez vous ? Ce guide 2026 explique le nouveau cadre légal des ouvertures de mur, les distances à respecter et les recours en cas de conflit de voisinage.

Vues et jours : de quoi parle-t-on ?

Traditionnellement, le droit belge distinguait les vues (ouvertures permettant de regarder chez le voisin, comme une fenêtre ordinaire ou un balcon) des jours (ouvertures destinées uniquement à laisser passer la lumière, sans permettre de vue, comme un châssis en verre dormant ou des briques de verre).

On distinguait aussi les vues droites (face à la limite) des vues obliques (de côté), chacune avec sa propre distance. Ce système, hérité de l’ancien Code civil, était complexe et source de nombreux litiges entre voisins. La réforme de 2021 a voulu le clarifier.

Le nouveau régime du Livre 3 du Code civil

Depuis le 1er septembre 2021, le Livre 3 du Code civil (issu de la loi du 4 février 2020) a uniformisé les règles. Le législateur ne parle plus de « jours » et de « vues », droites ou obliques, mais d’ouvertures de mur : fenêtres, balcons, terrasses et ouvrages semblables.

La règle est désormais unique : toute ouverture de mur donnant sur le fonds voisin doit être établie à une distance minimale de 1,90 mètre de la limite séparative. Cette simplification met fin aux subtilités entre différents types d’ouvertures et de vues.

Comment se calcule la distance de 1,90 mètre ?

La distance se mesure en traçant une perpendiculaire depuis l’ouvrage (fenêtre, bord du balcon ou de la terrasse) jusqu’à la limite séparative des deux propriétés. C’est le même mode de calcul que celui qui s’appliquait autrefois aux vues droites.

Concrètement, si vous souhaitez installer une terrasse à l’étage ou percer une fenêtre orientée vers le jardin voisin, le point le plus proche de la limite doit se situer à au moins 1,90 mètre de celle-ci, sauf accord contraire avec votre voisin.

Une règle supplétive : l’accord entre voisins

La distance de 1,90 mètre est une règle supplétive : elle s’applique à défaut d’accord contraire. Deux voisins peuvent donc convenir, par écrit, d’autoriser une ouverture à une distance inférieure, voire directement en limite. Un tel accord constitue une servitude et gagne à être formalisé, idéalement par acte, pour être opposable aux futurs propriétaires.

À l’inverse, un droit de vue peut aussi s’acquérir avec le temps. Une vue existante et visible, maintenue pendant la durée légale de prescription, peut se transformer en droit acquis que le voisin ne pourra plus contester. D’où l’importance de réagir sans tarder face à une ouverture irrégulière.

Et les situations existantes avant 2021 ?

La réforme ne bouleverse pas d’un coup toutes les situations. Les ouvertures et servitudes régulièrement établies sous l’ancien régime restent en principe valables. Le droit transitoire encadre le passage de l’ancien au nouveau système, notamment pour les situations en cours au moment de l’entrée en vigueur.

En pratique, pour une construction ancienne, il faut examiner la situation au regard des règles en vigueur à l’époque et des éventuels droits acquis. Pour tout nouveau projet à partir de 2021, c’est le régime du Livre 3 qui s’applique.

Quelles ouvertures sont concernées ?

Le nouveau régime vise les fenêtres, mais aussi les balcons, terrasses et ouvrages semblables qui offrent une vue sur le fonds voisin. Une terrasse en hauteur ou un balcon qui permet de regarder directement dans le jardin ou les fenêtres du voisin est donc soumis à la distance de 1,90 mètre.

Les ouvertures purement destinées à la lumière, sans possibilité de vue (verre translucide fixe, par exemple), font l’objet d’un traitement particulier, mais l’esprit de la réforme est de raisonner en termes d’atteinte à l’intimité du voisin plutôt qu’en catégories rigides.

Que faire en cas d’ouverture irrégulière ?

Si votre voisin crée une ouverture qui ne respecte pas la distance légale et plonge chez vous, la première étape est le dialogue : souvent, un accord amiable ou un aménagement (verre dépoli, brise-vue) suffit à résoudre le problème. Mieux vaut réagir rapidement pour éviter que la situation ne se consolide en droit acquis.

À défaut d’accord, le juge de paix est compétent pour les litiges de voisinage. Il peut ordonner la suppression ou la mise en conformité de l’ouverture, voire l’octroi de dommages et intérêts. La médiation, encouragée avant toute procédure, permet souvent d’éviter un conflit long et coûteux.

Vues, urbanisme et bon voisinage

Attention à ne pas confondre les règles civiles de vues et jours avec les règles d’urbanisme. Une ouverture peut respecter la distance de 1,90 mètre tout en nécessitant un permis d’urbanisme, et inversement. Les deux réglementations se cumulent : il faut respecter l’une et l’autre.

Au-delà du droit strict, la nouvelle approche du Code civil met l’accent sur l’équilibre entre voisins et l’interdiction des troubles anormaux de voisinage. Anticiper, dialoguer et formaliser les accords reste la meilleure façon d’éviter les conflits durables.

Conseils pour 2026

Avant de percer une fenêtre, d’installer une terrasse ou de construire près de la limite, vérifiez la distance de 1,90 mètre et, en cas de doute, proposez un accord écrit à votre voisin. Conservez une trace de tout accord relatif aux vues.

Si vous achetez un bien, examinez les ouvertures existantes et demandez si des servitudes de vue ont été consenties. Un point clair sur les vues et jours évite bien des tensions une fois installé.

FAQ – Vues et jours en Belgique

Quelle distance faut-il respecter pour une fenêtre ?
Depuis le Livre 3 du Code civil, toute ouverture de mur donnant sur le voisin doit être à au moins 1,90 mètre de la limite séparative, sauf accord contraire.

La distinction entre jours et vues existe-t-elle encore ?
Le nouveau régime a supprimé cette distinction et parle désormais d’« ouvertures de mur » soumises à une règle unique de 1,90 mètre.

Comment mesure-t-on la distance ?
En traçant une perpendiculaire depuis l’ouverture jusqu’à la limite séparative, comme pour les anciennes vues droites.

Peut-on déroger à la distance de 1,90 mètre ?
Oui, la règle est supplétive : deux voisins peuvent convenir d’une distance différente, ce qui crée une servitude à formaliser de préférence par écrit.

Les balcons et terrasses sont-ils concernés ?
Oui, les balcons, terrasses et ouvrages semblables offrant une vue sur le voisin sont soumis à la distance de 1,90 mètre.

Que faire si mon voisin ne respecte pas la distance ?
Privilégiez le dialogue, puis, à défaut, saisissez le juge de paix, qui peut ordonner la suppression ou la mise en conformité. Réagissez vite pour éviter un droit acquis.

Les anciennes ouvertures restent-elles valables ?
Les ouvertures et servitudes régulièrement établies avant 2021 restent en principe valables, sous réserve du droit transitoire.

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