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État des lieux en Belgique 2026 : guide complet, procédure et modèle

État des lieux en Belgique
⏱ 10 min de lecture↻ Mis à jour le juin 17, 2026

L’état des lieux en Belgique reste, en 2026, la pièce maîtresse de la relation locataire-bailleur. Il fixe l’état du bien à l’entrée, sert de référence à la sortie, et conditionne directement la libération de la garantie locative. Pourtant, beaucoup de baux sont encore signés avec un état des lieux bâclé, voire inexistant, ce qui mène à des litiges devant le juge de paix qu’une simple inspection contradictoire aurait évités.

Ce guide 2026 rassemble les règles applicables dans les trois Régions (Wallonie, Bruxelles, Flandre), la procédure étape par étape, le rôle de l’expert, le contenu obligatoire, et les recours en cas de désaccord. Il aborde aussi le cas de plus en plus fréquent de l’état des lieux numérique avec photos horodatées et application mobile.

Qu’est-ce qu’un état des lieux en Belgique ?

L’état des lieux est un document écrit et détaillé qui décrit, pièce par pièce, l’état du bien loué à un moment donné. Il existe sous deux formes : l’état des lieux d’entrée, dressé avant la remise des clés, et l’état des lieux de sortie, dressé à la restitution du bien. La comparaison des deux permet d’identifier les dégradations imputables au locataire et les sommes à retenir éventuellement sur la garantie locative.

Sa rédaction est encadrée par l’article 1730 du Code civil belge, complété et modifié par les législations régionales depuis la régionalisation du bail d’habitation (2018-2019). Sans état des lieux d’entrée, le locataire est légalement présumé avoir reçu le bien en bon état, ce qui inverse la charge de la preuve à son désavantage.

L’état des lieux est-il obligatoire en 2026 ?

Oui. Dans les trois Régions, un état des lieux d’entrée est obligatoire pour tout bail de résidence principale. Il doit être :

  • établi de manière contradictoire, c’est-à-dire en présence des deux parties ou de leurs représentants ;
  • dressé soit pendant la période où les lieux sont inoccupés, soit pendant le premier mois d’occupation ;
  • signé par chaque partie sur chaque page (paraphes) et en fin de document (signature complète) ;
  • annexé au contrat de bail et enregistré avec lui auprès du SPF Finances dans les deux mois.

L’absence d’enregistrement de l’état des lieux annexé est sans effet sur sa validité, mais peut compliquer la preuve en cas de litige.

Cadre légal en 2026 : les trois Régions

Les règles communes proviennent du Code civil, mais chaque Région a précisé les modalités :

  • Wallonie : décret du 15 mars 2018 relatif au bail d’habitation, articles 8 à 10. L’état des lieux est obligatoire et doit être détaillé.
  • Bruxelles : ordonnance du 27 juillet 2017, articles 220 à 223 du Code bruxellois du logement. Mêmes obligations qu’en Wallonie, avec une grille de référence régionale recommandée.
  • Flandre : Vlaams Woninghuurdecreet du 9 novembre 2018, articles 35 à 37. L’état des lieux doit être annexé au bail et déposé avec lui à l’enregistrement.

Qui rédige l’état des lieux ?

Trois options s’offrent aux parties :

  • Les parties elles-mêmes (bailleur et locataire), gratuitement. C’est la solution la plus économique mais aussi la plus risquée si l’une des parties n’est pas méticuleuse.
  • Un expert immobilier indépendant mandaté conjointement et payé à parts égales par les deux parties. C’est la solution recommandée pour les biens de plus de 250 000 € ou les locations meublées.
  • Un géomètre-expert ou un architecte agréé, dont le rapport a une valeur quasi-judiciaire et est rarement contesté.

En 2026, le coût moyen d’un état des lieux par expert se situe entre 150 € pour un studio et 600 € pour une maison de 4 chambres, partagé en deux. Beaucoup de cabinets proposent désormais un forfait entrée + sortie à tarif préférentiel.

La procédure étape par étape

  1. Convoquer la visite contradictoire par écrit (e-mail accepté) avec date, heure et lieu.
  2. Vérifier que les compteurs d’eau, de gaz et d’électricité sont relevés et notés sur le document.
  3. Inspecter chaque pièce dans le sens des aiguilles d’une montre : murs, sols, plafonds, fenêtres, portes, équipements.
  4. Photographier chaque défaut constaté avec un repère de date (smartphone qui inscrit la date sur la photo).
  5. Décrire chaque anomalie avec précision : localisation, dimension approximative, nature (rayure, tache, fissure, manquement).
  6. Tester les équipements : chasses d’eau, robinets, chaudière, électroménagers fournis, ventilation.
  7. Relever les éventuels manquements à la conformité PEB, sécurité incendie, électricité.
  8. Signer chaque page (paraphes) et le document complet en fin (signature complète) en deux exemplaires originaux.
  9. Annexer le document au bail et l’envoyer au SPF Finances pour enregistrement avec le bail.

Que doit contenir un état des lieux ?

Un état des lieux complet doit comporter, au minimum :

  • l’identification précise du bien (adresse, étage, numéro d’unité, parking ou cave éventuel) ;
  • l’identité complète des parties et la date de l’inspection ;
  • une description pièce par pièce des sols, murs, plafonds, plinthes, portes, fenêtres et appui de fenêtre, avec mention de l’état (neuf / bon / moyen / dégradé) ;
  • l’inventaire détaillé du mobilier si la location est meublée ;
  • les relevés de compteurs (eau, gaz, électricité, mazout) ;
  • l’état des équipements communs et privatifs (chaudière, ballon d’eau chaude, ventilation, climatisation) ;
  • les annexes photographiques numérotées (la jurisprudence belge accepte les photos numériques avec horodatage) ;
  • les signatures des parties sur chaque page et en fin de document.

L’état des lieux numérique en 2026

Depuis 2023, plusieurs plateformes belges (Edéliance, Movemob, EDL Pro) proposent un état des lieux 100 % numérique avec application mobile, photos horodatées géolocalisées, et signature électronique qualifiée (eIDAS). En 2026, ces documents ont la même valeur juridique qu’un état des lieux papier, à condition que la signature électronique respecte le règlement européen eIDAS et que les photos soient archivées sur un cloud certifié.

L’avantage : une comparaison automatisée entre l’entrée et la sortie, avec détection visuelle des différences pièce par pièce. Le coût est généralement inférieur à un expert humain (50 à 200 €).

Usure normale ou dégât locatif ? La distinction clé

Le locataire répond uniquement des dégradations qu’il a causées par négligence ou faute. L’usure normale liée au temps et à l’usage normal du bien reste à charge du bailleur. Voici quelques exemples typiques :

  • Trace de meuble sur la moquette après 6 ans : usure normale.
  • Trou dans un mur fait pour fixer une étagère : dégât locatif s’il n’est pas rebouché.
  • Joint de salle de bain noirci par les moisissures malgré une ventilation fonctionnelle : usure normale.
  • Carrelage cassé suite à une chute d’objet : dégât locatif.
  • Robinet entartré : usure normale.
  • Parquet rayé profondément par un meuble traîné : dégât locatif.

La jurisprudence belge utilise la règle du tiers sur les revêtements : après 10 ans, une moquette est considérée comme amortie aux deux tiers ; après 15 ans, totalement. Le bailleur ne peut donc pas réclamer le remplacement intégral à neuf d’un revêtement déjà ancien.

L’état des lieux de sortie : la procédure

L’état des lieux de sortie doit être dressé le jour de la remise des clés, ou au plus tard dans la semaine qui suit. Il reprend strictement la même structure que l’état des lieux d’entrée pour permettre une comparaison directe. La signature de l’état des lieux de sortie par le locataire vaut acceptation des constats faits, sauf mention de réserve écrite à côté de la signature.

Si les parties ne s’accordent pas, deux options : faire intervenir un expert (frais partagés) ou saisir le juge de paix. En Flandre, le bailleur a un mois pour saisir le juge sous peine de perdre ses droits sur la garantie pour ces dégâts.

Spécificités en Wallonie

En Wallonie, le décret de 2018 prévoit que l’état des lieux doit être dressé pendant la période où les lieux sont inoccupés, ou au cours du premier mois d’occupation. Si l’une des parties refuse, l’autre peut, par requête au juge de paix, faire désigner un expert dont les frais seront avancés par la partie demanderesse mais finalement partagés. Le greffe wallon impose un modèle-type téléchargeable sur wallonie.be qui simplifie la rédaction.

Spécificités à Bruxelles

La Région bruxelloise propose, via Bruxelles Logement, une grille standardisée et un modèle d’état des lieux téléchargeable sur logement.brussels. Elle insiste sur la mention obligatoire des relevés énergétiques, conformément au PEB bruxellois. À noter : depuis 2023, les Communes bruxelloises peuvent imposer une visite préalable de salubrité avant la signature du bail, qui complète l’état des lieux contradictoire.

Spécificités en Flandre

En Flandre, l’état des lieux doit être annexé à la copie du bail déposée au bureau d’enregistrement. Sans annexe, l’enregistrement est accepté mais en cas de litige, c’est la présomption de bon état qui s’applique. La Vlaamse Wooncode de 2024 a introduit une obligation supplémentaire : mentionner explicitement le respect des normes de salubrité minimales (étanchéité, ventilation, sécurité incendie) dans l’état des lieux.

Litiges fréquents et recours

Les contentieux les plus courants concernent :

  • l’absence de paraphe sur certaines pages (peut entraîner la nullité partielle) ;
  • des descriptions vagues du type « moquette en mauvais état » sans localisation précise ;
  • l’absence de photos pour étayer les défauts ;
  • la confusion entre usure normale et dégât locatif lors du calcul des retenues ;
  • la signature sous pression d’un locataire à la sortie, regretté ensuite.

Le juge de paix est compétent pour tous ces litiges. La conciliation préalable est gratuite ; elle résout, selon le SPF Justice, environ 60 % des dossiers d’état des lieux contestés.

Erreurs fréquentes à éviter

  • Signer un état des lieux d’entrée sans avoir tout vérifié, sous prétexte que « tout est neuf » : les défauts existants seront imputés au locataire à la sortie.
  • Omettre les compteurs d’énergie : les charges seront contestables.
  • Faire l’état des lieux après l’emménagement complet : les meubles cachent les défauts.
  • Renoncer aux photos sous prétexte que les descriptions suffisent : la photo est aujourd’hui le standard de preuve.
  • Accepter un modèle générique non adapté au type de bien (studio meublé vs maison non meublée).

Checklist 2026 avant l’inspection

  • Lampes et ampoules de remplacement à disposition pour tester l’éclairage.
  • Chargeur de smartphone pour ne pas tomber en panne pendant les photos.
  • Mètre ruban pour mesurer les défauts notables (fissures supérieures à 5 mm).
  • Modèle d’état des lieux téléchargé en double exemplaire.
  • Stylo bleu indélébile (pas de gel, qui s’efface).
  • Numéros de compteurs et clés numériques (badge, code interphone) à vérifier.

FAQ : état des lieux en Belgique

L’état des lieux d’entrée est-il obligatoire ?

Oui dans les trois Régions pour tout bail de résidence principale. Sans état des lieux, le locataire est présumé avoir reçu le bien en bon état, ce qui peut lui coûter cher à la sortie.

Combien coûte un état des lieux par expert en 2026 ?

Entre 150 et 600 € selon la taille du bien, partagé en deux entre bailleur et locataire. Comptez 200 à 250 € pour un appartement deux chambres standard.

Peut-on contester un état des lieux après signature ?

Oui, mais c’est difficile. Il faut prouver une erreur matérielle, un vice du consentement (pression, dol) ou un fait nouveau apparu après la signature. Le délai utile est généralement de 30 jours après la signature pour ajouter une réserve par recommandé.

Que faire si le bailleur refuse de faire un état des lieux d’entrée ?

Le locataire peut, par requête au juge de paix, faire désigner un expert. La requête est gratuite et ne nécessite pas d’avocat. À défaut, le locataire peut faire dresser un état des lieux unilatéral (par lui-même, avec photos et témoins) et l’envoyer par recommandé au bailleur.

Un état des lieux numérique signé via DocuSign est-il valable ?

Oui, à condition que la signature électronique soit qualifiée au sens du règlement eIDAS (signature avec certificat). Les signatures simples (case à cocher, image scannée) sont moins fiables en cas de litige, mais peuvent suffire si non contestées.

Les photos de l’état des lieux suffisent-elles sans description écrite ?

Non. Les photos illustrent et complètent l’écrit, mais ne le remplacent pas. Le juge attendra toujours une description écrite signée des parties.

Que devient l’état des lieux en cas de cession de bail ?

Lors d’une cession, un nouvel état des lieux contradictoire est dressé entre le locataire sortant, le locataire entrant et le bailleur. Il sert de référence pour les deux relations successives.

Le PEB doit-il figurer dans l’état des lieux ?

Le certificat PEB doit être annexé au bail mais n’est pas inclus dans l’état des lieux lui-même. Cependant, l’état des lieux peut mentionner les éléments PEB (chaudière, isolation visible, châssis) pour future référence.


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